CALIXTE

 

Photo le 05-06-2017 à 19.57 #4

I. 1050
II. Naïade
III. The Truman Show
IV. Daoud
V. Nightclubbing
VI. Freud
VII. Chiromane
VIII. Albin
IX. La Marocaine
X. Bruxellensis
XI. Actress
XII. Tram 51

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CALIXTE

1050

C’était sur la table le fromage français et la bière belge,
C’était la prière pérpétuelle,
Il se savait l’impossible Belge,
Il vivait à l’étage de la Côte d’Azur de Bruxelles.

 

1050

Naïade

Désorienté par le désir je chevauchais la vallée de ta beauté paysanne.
Tu me dardais ton aura médiévale avec les fleurs sauvages que tu te caches dans l’âme.
Le ruisseau cristallin de ta voix de chorale faisait vibrer les fibres fragiles de mon âme.
Elles s’échappaient de ta viole de gambe en craquant le galbe de ton extase animale.

Nous avions d’abord fait la danse des mains et puis le voyage du tram.
Je croyais encore avec Guitry que le meilleur c’était de monter les marches de madame.
Je garderai toujours à la mémoire le plaisir étonnant des corps que nous nous donnâmes.

Ils était denses, forts et collants.

Au réveil j’ai touché du bois en touchant ma gueule de bois.
Nous avons arrosé nos corps d’eau tiède et fumer l’émeraude.
L’esprit en pépiements nous sommes repassés par la chambre.
Le chien de la lune nous soufflait les mots du vrai vacarme.

Tu m’as fait du café brûlant.
J’ai pensé que tu étais sucrement belle.
Je te racontais toutes ces choses marrantes qui n’ont pas de sens.
Nous sommes repassés par la chambre.

L’épuisement me rendait contemplatif comme une église.
Je regardais les passants passer : une voiture se gare, une autre klaxonne.
Une famille africaine passe pleine de bonheur et le garçon émerveille l’ambulance.
Quelques personnes remarquèrent la grâce qui s’échappait du balcon du troisième étage.

Elles était lourdes, parfaites et voilées.

Les nuées étaient immobiles on attendait les premières gouttes de pluies depuis Décembre.
Je t’ai dit que ce qu’on avait vécu était extraordinaire et que j’avais du mal à redescendre.
Nous nous sommes préparés pour sortir puis nous sommes repassés par la chambre.

Nous sommes sortis dans la soirée de Saint-Gilles.
Nous avons bu un verre de vin rouge en mangeant un plat arabe.
Nous nous sommes embrassés pour se dire goodbye.
L’idéal de la poésie est ce qui parle.

 

Naïade

Daoud

J’ai passé l’après-midi avec Daoud,
Un ami du Djibouti qui s’éteint et s’illumine devant l’église Sainte-Catherine.

À midi je me réveille chez Estelle,
Je ne rêvais pas c’était des pensées folles en inconscience fragile.

À midi quart va pour le café froid,
J’apprends le Brexit et me moque de l’empire Britannique.

À midi et demi je sors vers la vie,
J’ai des cloches de mes nouvelles anciennes chaussures,
À deux euros la paire.

À midi quarante-cinq j’arrive à Madou,
Vendredi 24 Juin 2016,
J’apprends la grève de la STIB.

Avec deux euros en poche,
Je marche comme je peux vers la ville,
En ce jour d’une fraîcheur bleue, de vent gris en trottoirs jaunes.

Je connais quelques commerces arabes,
Je demanderai crédit parce que c’est la vie si Dieu le veut.

Une crêpe marocaine rue Jardin des Olives,
Adel est de mauvais poil : il jeûne, il galère, il est seul.

Je vais sur les marches du soleil,
Je demande du tabac à des clochards et fume comme une madeleine.

Daoud

Freud

J’ai pris l’autoroute de ton corps,
Esprit métisse,
Colorié sur ses contours,
Quelques quart d’heure de caresses.

Décodé par quelques drogues,
J’usais de la couleur de l’amour.

J’aimais,
Garnier Fructis,
Les goutes qui perlaient à tes boucles.

Venus In Furs
Vaudou de vanille
Perchée à Paris
Ethnopsychiatrie

J’allais,
Universal,
Déchirant le réel du Parc Élisabeth,

 Amène-moi au lendemain de ton lit,
Dans le taxi rare de l’ecstasy

Transforme-moi en chocolat,
Cheval d’argent,
Chevauche mon bel esprit,
Attèle-le à ton corps.

 

Freud