Trying Happiness

 

Photo le 05-06-2017 à 19.57 #4

I.

1. Avoir le coeur en érection
2. Internet est le nouvel espace public
3. Vivre comme Swann
4. Voir quelqu’un se prendre en égoportrait
5. Passer son temps à déplacer des meubles
6. Esthétique de la lecture sur écran
7. Effacer ses lèvres devant un discours sublime
8. Les abysses de la synonymie
9. Lire un manga dans un tram par temps de pluie
10. La religion de l’histoire de l’art
11. Le monde est sous caféine
12. Une voiture rouge garée dans une rue pluvieuse

II.

1. Offrir des livres pour enfant
2. Caresser un âne au passage
3. Quelqu’un avec qui être absent
4. Crier contre une voiture
5. Une Européenne aux cheveux bleus
6. Une Africaine aux cheveux rouges
7. 0,33€ c’est le prix d’une banane
8. Porter son amertume comme une robe de bal
9. Sentir une rose comme embrasser une femme
10. Vivre au rythme des attentats
11. Jésus-Christ a fleuri dans mon bonsaï
12. Les fesses d’une femme ont la forme d’un coeur

III.

1. Voir à travers les fleurs
2. Vivre dans ses reflets
3. Être la conscience de l’inconscient collectif
4. Dieu se cache derrière nos yeux
5. Une sahélienne avec des cils de chamelle
6. Un mendiant gaulois
7. La beauté historique des choses
8. La grande et invincible montagne de la durée
9. Un chien abruti par la télévision
10. Être trop ivre pour aller chez le coiffeur
11. Explosé d’impossible
12. Les fleurs sont des dés à coudre pour les doigts du vent

IV.

1. Réinvestir la réalité
2. Un pigeon mange un chips
3. Avoir une voiture spacieuse pour écouter un disque
4. Regarder les filles pour éviter de se regarder soi-même
5. Avoir des tatouages pour masquer ses cernes
6. Prendre le parti de s’asseoir et de laisser passer les gens
7. Faire disparaître les cicatrices de ses doigts
8. Fermer les fenêtres de ses yeux
9. Avoir 25 ans est une tempête
10. Faire semblant que Londres n’existe pas
11. Être trop fatigué pour s’endormir
12. Ne pas avoir besoin d’aller à Berlin

V.

1. Le paradis est un présent subtil
2. Le diable est présentable
3. Autant de mendiants que de mouches en été
4. Être aussi nu qu’un arbre en hiver
5. Écouter Amélie le premier jour du printemps
6. Voir la dernière feuille de l’automne en ville
7. Chercher dans la rue qui pourrait vivre en religieux
8. Amoureusement déchiré dans la modernité merveilleuse
9. En avoir marre des feux d’artifice
10. Promener son image dans les regards
11. Nos iris sont des galaxies de désir
12. Être aspiré dans un flux d’information

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Trying Happiness

Une femme est capable et désireuse de coucher avec vous

 1. Elle a posé en évidence Les Belles Endormies de Kawabata.
2. Elle vous parle de ses plantes et de son chat.
3. Elle vous prépare quelque chose de bon pour la santé.
4. Elle commande des scampis à l’ail au restaurant.

Une femme est capable et désireuse de coucher avec vous

Le banc de l’Univers

I.

J’attends la gare

Les gens sans quais
Inquiètent
Les gens sans quêtes

Les gens sans trains
Entraînent
Les gens sans trêves

Ils se posent comme
Des mémoires énormes
Dans les alcôves de l’alcool…

Vive l’école.

II.

C’était sur la Place Flagey.

Il avait de très beaux cils et de jolis mots.
C’était un ami de Calixte mais m’appelait David.
J’étais déluré et dévergondé.
Il était ébahi et enchanté.
Nous n’avions pas manqué une seule journée de soleil.
Nous promenions tous les deux d’absentes merveilles.

Nous regardions les buveurs d’échecs.

 

Le banc de l’Univers

Ode aux Naïades

I.

Désorienté par le désir je chevauchais la vallée de ta beauté paysanne.
Tu me dardais ton aura médiévale avec les fleurs sauvages que tu te caches dans l’âme.
Le ruisseau cristallin de ta voix de chorale faisait vibrer les fibres fragiles de mon âme.
Elles s’échappaient de ta viole de gambe en craquant le galbe de ton extase animale.

Nous avions d’abord fait la danse des mains et puis le voyage du tram.
Je croyais encore avec Guitry que le meilleur c’était de monter les marches de madame.
Je garderai toujours en mémoire le plaisir étonnant des corps que nous nous donnâmes.

Ils était denses, forts et collants.

Au réveil j’ai touché du bois en touchant ma gueule de bois.
Nous avons arrosé nos corps d’eau tiède et fumer l’émeraude.
L’esprit en pépiements nous sommes repassés par la chambre.
Le chien de la lune nous soufflait les mots du vrai vacarme.

Tu m’as fait du café brûlant.
J’ai pensé que tu étais sucrement belle.
Je te racontais toutes ces choses marrantes qui n’ont pas de sens.
Nous sommes repassés par la chambre.

L’épuisement me rendait contemplatif comme une église.
Je regardais les passants passer : une voiture se gare, une autre klaxonne.
Une famille africaine passe pleine de bonheur et l’ambulance émerveille le garçon.
Quelques personnes remarquèrent la grâce qui s’échappait du balcon du troisième étage.

Elles était lourdes, parfaites et voilées.

Le temps était immobile on attendait les premières gouttes de pluies depuis Décembre.
Je t’ai dit que ce qu’on avait vécu était extraordinaire et que j’avais du mal à redescendre.
Nous nous sommes préparés pour sortir puis nous sommes repassés par la chambre.

Nous sommes sortis dans la soirée de Saint-Gilles.
Nous avons bu un verre de vin rouge en mangeant un plat arabe.
Nous nous sommes embrassés pour se dire goodbye.
L’idéal de la poésie est ce qui parle.

 

Ode aux Naïades

Les fraises françaises ou les joies du vagabond

Claude Nougaro.

Le coeur d’un fou et l’intérêt de l’amoureux.

Jacques Brel.

D’où est-elle ? Des îles… Des quels ? Du Pacifique.

Alain Delon.

Elle lisait peut-être son horoscope.

Serge Gainsbourg.

P.s. : Ascendant Scorpion.

Françoise Sagan.

Au début ils bourgeonnent en gris clair comme le ciel constellé à l’heure bleue, ensuite les jeunes feuilles ressemblent à des fleurs jaunes sous le soleil, enfin, leurs feuilles vertes à maturité ont l’air maladroitement lobées comme des monstres aux branches…

Boris Vian.

Écaussines. Les nuages glissaient comme des fleurs de glycines au dessus d’une Néerlandaise qui avait le parfum du premier printemps. Salomé.

Michel Foucault.

La question c’est de savoir si l’empereur est habillé ou s’il est nu.

Gilles Deleuze.

L’autre question c’est de savoir s’il compte le nombre de cigarettes qu’il fume par jour.

Jacques Lacan.

Je crains qu’il ne perde la tête…

Paul Ricoeur.

Ne joue pas le chat de mosquée avec moi.

Chris Marker.

À l’ombre d’un cerisier en fleur, une ombre rose.

Claude Chabrol.

L’accusé de réception c’est le sang sur la lame.

 

Les fraises françaises ou les joies du vagabond

Techno toujours techno

I.

J’ai rêvé d’un zouzou, d’un alcoolique,
D’un va-nu-pied, d’un vagabond,
D’un mannequin magique,
De ceux qui emploient encore le mot chandail.

C’était un zouzou, un alcoolique
Il avait les cheveux hirsutes
Et les pieds sales,
Son corps était pire qu’un champ de bataille.

C’était un zouzou, un alcoolique :
Il avait les plics et les plocs
Des sueurs froides
Qui roulait sur son front toxicomane.

C’était un zouzou, un alcoolique :
Il avait les tics et les tocs
De sa tête folle
Il y a cent ans il aurait senti la pisse et l’ail.

C’était un zouzou, un alcoolique :
Il cherchait des mégots par terre
Comme un animal,
Il finirait bien par se rouler sa gitane.

C’était un zouzou, un alcoolique :
Il rigolait beaucoup,
Et pour rien,
Il travaillait à l’animation du boulevard Raspail.

C’était un zouzou, un alcoolique :
Il disait bonjour,
Même aux chiens,
Il y avait longtemps qu’il n’avait pas connu de femme.

J’ai rêvé d’un zouzou, d’un alcoolique,
D’un aventurier, d’un étalon;
D’un clopin-clopant,
De ceux qui sont à la dernière mode de l’âme.

II.

Au métro Simonis j’ai payé mon ticket 2€10
J’ai changé à Beekkant
Je suis sorti à Louise
La rame 210 était bondée de riches alcooliques

Deux dames se demandaient dans le tram
Si c’était le ringtone of a smartphone
Ou un chat qui miaulait…
C’était un chat qui miaulait dans les bras d’un homme

III.

Les femmes queer pourraient réapprendre à s’offrir,
Les petits dealers n’ont plus le sens de l’honneur,
La statistique démocratique est un crime contre l’humanité,
Et puis toujours les petites frappes de Bachar-Al-U.S.A.

Techno toujours techno