Trying Happiness

Photo le 05-06-2017 à 19.57 #4

 Caresser un âne en passant.
Offrir des livres pour enfant.
Quelqu’un avec qui être absent.
Crier contre une voiture.
Européenne aux cheveux bleus.
Africaine aux cheveux rouges.
0,33 c’est le prix d’une banane.
Porter son amertume comme une robe de bal.
Sentir une rose comme embrasser une femme.
Vivre au rythme des attentats.

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Trying Happiness

Pour en finir avec l’unité du sujet

Si nous voulons bien admettre la distinction entre concept et notion, et si nous sommes contraint d’user du langage philosophique pour chercher d’une façon logiquement cohérente l’unité du sujet, nous pouvons suivre le cheminement suivant.

L’unité du sujet ne saurait être une notion en tant que celle-ci se réfère non à des objets empiriques mais à des contenus intellectuels. L’unité du sujet, cet à dire, ce qui dans un schéma intellectuel doit servir de pierre angulaire à toute réflexion concernant la façon d’être sujet dans le monde, doit être un concept.

Nous percevons comme plus grand réceptacle d’unité subjective notre corps et notre esprit. Cette distinction, bien que millénaire, ne saurait être dépassée par une notion, quelle qu’elle soit. Nous sommes, de par la nature contradictoire du langage, son impossibilité à décrire le sujet dans le monde d’une manière totale et immédiate, contraint d’user d’une fragmentation de la réalité en ses composants les plus pratiques pour la formation de schémas conceptuels.

Ces schémas conceptuels nous permettent de nous placer de la manière la plus efficace possible dans nos destinées. Elles ne sont que des échafaudages pour la construction de nos destins. Nous concevons donc l’unité du sujet dans l’esprit et dans le corps. Ces deux entités, bien que perçue distinctement par la raison, ne sont que les deux faces de notre unité subjective. Elles sont interdépendantes et ce que l’un éprouve, l’autre l’éprouve.

Il n’y a pas de reste. Le reste se trouve uniquement dans le retard de la pensée conceptuelle sur le vivant infini de la réalité.

Or commençons par examiner le corps : nous possédons un corps qui nous confère une unité. Quelle est l’espèce essentielle du corps qui peut servir d’unité subjective à tout sujet ? Retranchons les bras, les jambes, les yeux. Nous restons un corps. Retirez l’esprit – nous sommes encore un corps, mais un corps pour ainsi dire mort d’une certaine façon. Ce qui fait le corps réellement est son souffle. Nous sommes des corps respirants.

C’est ce qui reste d’unité dans la perception du corps comme objet. Certes un corps sans un esprit n’est plus un sujet, n’est plus un corps. Mais à savoir ce qui reste d’esprit dans un corps comateux par exemple est un sujet qu’on ne pourra jamais trancher. Le papillon et le scaphandre en est un exemple édifiant.

Examinons maintenant l’esprit : nous possédons un esprit qui nous confère une unité de sujet. Quelle est l’espèce essentielle de l’esprit. Qu’est-ce qui dans l’esprit confère réellement une unité du sujet ? Dirons nous les pensées ? Elles s’en vont et s’en viennent. Dirons nous les sentiments ? Ils s’en vont et s’en viennent. Tous ces objets mentaux sont des traitements de l’esprit sur des données du corps. Ce qui confère à l’esprit son unité et ce qui lui est essentiel c’est l’objet mental ‘esprit’ dans l’esprit. C’est ce qu’on appelle la conscience. La conscience est l’élément essentiel de l’unité subjective du point de vue l’esprit.

Or comme le langage philosophique et ses constructions nous poussent à séparer ces deux entités, réunissons les comme nous juxtaposons les nombres pour en tirer une somme :

l’unité du sujet est une conscience qui respire.

Autrement dit l’humain est un animal fumeur ou non-fumeur.

 

Pour en finir avec l’unité du sujet

J’ai rêvé qu’Elon Musk rachetait Apple

Comme toute la population
(Sauf les mendiants qui ont raison)
J’habite en des appartements
En attendant que la mer monte

Je pourrais sortir mon scaphandre Nike
Et mon masque à gaz Google Glass
Reçu après la messe de l’Apple Store
Le lendemain du saint Vendredi Noir

En attendant que la mer monte
J’étudie les siècles Européens
(Sauf quand je pars aller mendier)
Comme toute la population

J’ai rêvé qu’Elon Musk rachetait Apple

Nietzsche

Reprise rythmique de l’Introduction d’Angèle K. Marietti du Livre du Philosophe de Friedrich Nietzsche

Une intuition : réussir une civilisation riche en grandes oeuvres
Et sans doute faudrait-il revenir à la musique et à ses pouvoirs rythmiques
Ne visant pas stupidement le bonheur
Le problème du langage est donc repris à sa base
Et sans doute faudrait-il revenir à la musique et à ses pouvoirs rythmiques
Par le maintien du Sublime, par la production de la grandeur
Le problème du langage est donc repris à sa base
Des essais éminemment constructifs et positifs
Présente cette oeuvre de longue haleine comme un commencement
Et sans doute faudrait-il revenir à la musique et à ses pouvoirs rythmiques
Il se demande en effet ce qu’il fallait faire du chaos primitif
Le problème du langage est donc repris à sa base
Pousse plus loin que Kant la critique de la raison humaine
Attaque le processus naturel de nomination
Le problème du langage est donc repris à sa base
Et oppose à la structure le rythme de l’existence
Et sans doute faudrait-il revenir à la musique et à ses pouvoirs rythmiques
Invite à redécouvrir la sagesse de la civilisation grecque archaïque
Le problème du langage est donc repris à sa base
Ainsi l’homme doit-il se maintenir malgré ce qu’il lui est devenu impossible de savoir
L’instinct métaphorique fondamental
Le problème du langage est donc repris à sa base
Ainsi ce n’est pas l’assurance dialectique qu’il enseigne
Mais la suspicion envers la fausse sécurité grammaticale
Aussi ne ferme-t-il pas et s’ouvre encore sur l’horizon infini de l’art
Mais il doit s’oublier dans l’inconscience du sujet
Le problème du langage est donc repris à sa base
Et sans doute faudrait-il revenir à la musique et à ses pouvoirs rythmiques
Discerne deux sortes de forces à l’origine de la pensée consciente
Le problème du langage est donc repris à sa base
La force qui produit la profusion d’images
La force qui choisit le semblable et l’accentue
Le problème du langage est donc repris à sa base
N’est pas homme de dialogue
Conçoit deux structures transcendant l’individu
Appréhende ces structures conceptuelles comme l’effet d’un durcissement
Le langage et la science
Le problème du langage est donc repris à sa base
Contre l’illusion de la conscience du sujet
Contre l’assurance de la conscience réflexive
Et sans doute faudrait-il revenir à la musique et à ses pouvoirs rythmiques
Qui montrent l’homme captif d’une conscience
Le problème du langage est donc repris à sa base
Qui n’est même pas conscience intime d’un corps
Il doit avoir la vue perçante de celui qui connait ce qui fait nécessité
Le problème du langage est donc repris à sa base
Ne peut que dénigrer la forme au bénéfice de la force
Constate et dénonce le structuralisme fondamental de l’homme
Aux problèmes de vérité et de langage dont il n’a fait qu’un seul
Développe une théorie de la connaissance et une critique de la vérité
Le problème du langage est donc repris à sa base
Souhaite une nouvelle génération de philosophe apte à déchiffrer le texte original
Semble ne pas finir de se préciser à lui-même cette tâche
Dénonce par la démythification
Le jeu complexe des structurations dont l’homme est le jouet inconscient
La force créatrice
Dans le supplément au langage qu’est la musique
Le problème du langage est donc repris à sa base
Et sans doute faudrait-il revenir à la musique et à ses pouvoirs rythmiques
Réfléchit au problème de la civilisation
Le problème du langage est donc repris à sa base
L’opposition entre l’homme théorique et l’homme tragique
Entre l’homme de la vérité scientifique et l’homme de la vérité radicale
Le problème du langage est donc repris à sa base
Tente de fixer une physiographie profonde
À fin de connaître les chances qui restent encore à l’homme
Le philosophe doit s’élancer longtemps à l’avance
Ne conçoit pas la sagesse comme une vertu froide
Le problème du langage est donc repris à sa base
Ne la conçoit pas sans la destruction de celle de Socrate
Conçoit le concept ou la structure conceptuelle comme un columbarium
Que la vérité ne peut légitimer le langage
Tandis qu’inversement celui-ci motive au contraire les lois de la pseudo-vérité
En opposant à ces pseudo-vérités des contre-vérités
Se détruisant et se créant perpétuellement
Le problème du langage est donc repris à sa base
La vérité du concept est un évènement du langage
Et sans doute faudrait-il revenir à la musique et à ses pouvoirs rythmiques
Dans la métaphore au sens le plus large

Nietzsche

Le Joli Mai

Je n’ai pas sué ma dernière mue :
Au versant du conscient s’endort
L’eau douce de la soif incolore
Dans lequel l’aquarelle se dilue.

Recherche l’étymologie du mot swaps
Si jamais la peur métamoderne du lent
Te cloue comme un arbre sur un banc,
Ou comme un itinéraire sur Google Maps.

Je n’ai pas encore le grave du sacrifice :
Une nuit entière sur l’écran d’ordinateur
Ce n’est jamais qu’un autre quart d’heure
Dans le sempiternel retour du Quo Vadis.

Le paparazzi de l’apparat – le parasite,
Parsème de rire ce qui reste de ville,
Carrefour où fuse l’ethnie, la folie, l’écran tactile,
As-tu oublié que déjà ta santé hésite ?

Le Joli Mai

Actress

(Bain sombre de la musique électronique,
Lumières bleues qui illuminent les regards)

Dans ta distance adossée, ma sereine,
Suave, arabe, bougie noire,
J’étale la liberté de n’être qu’une
Extase, qui revient ivre voir
Les paupières beiges, les lèvres closes :
Tes velours de peaux perle-ivoires…

(Toute l’étendue de ton indépendance
dans ta robe de fatigue du soir)

Actress

Trying Hapiness II

Être un poème qui marche
Cligner des paupières comme pour laisser tomber une poussière
Des choses simples qu’il fallut que je notasse
Aller saluer les amis-marginaux de la place Sainte Catherine
La beauté d’un billet de cinq euro déchiffonné
Un sac en plastique bleu au pied d’un buisson vert sous un lampadaire la nuit
Être regardé avec admiration par un enfant Indien
Un gitan couché sur des cartons comme à la plage sur la rue Neuve
Le gothique qui fait de la dentelle sur le ciel bleu.
Un couple d’Afro-Américain ou d’Afropéen qui admire une façade Art-Nouveau
La couleur turquoise des vieilles statues du jardin Botanique
Désirer une musulmane langoureusement drapée d’un long voile unicolore
Voir un chien et le trouver rigolo
Des Kazakhsthanais qui vendent des souvenirs kitschs de Bruxelles
La sueur aigre d’un alcoolique dans le métro
Des palmiers à la Bourse le premier Novembre dans la grisaille la plus totale
Les voyages audiovisuels
La signification philosophico-vitale de l’aventure tropico-normale
Apprendre à être anonyme
Trouver des tickets de métro Parisien à Bruxelles

Trying Hapiness II