CALIXTE

 

Photo le 05-06-2017 à 19.57 #4

C’était sur la table le fromage français et la bière belge,
C’était la prière perpétuelle,
Il se savait l’impossible Belge,
Il vivait à l’étage de la côte d’azur de Bruxelles.

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CALIXTE

Conclusion

La vie s’accroche comme à un accrobranche,
À coup de noires, à coup de blanches,
Et ma barbe est pleine, et mes dents sont saines,
Or il ne me reste plus qu’à peiner mes peines.

La ville cavale comme dans une avalanche,
À coup de cloches, à coup de branches,
Et les rues sont routes, et les rails sont ciels,
Or il ne me reste plus qu’à prier le Ciel.

La fille s’apprête comme pour une prévendange
À coup de rires, à coup de hanches,
Et son coeur est bon, et son âme est telle,
Or il ne me reste plus qu’à aimer la belle.

 

Conclusion

Drama

C’était sur la Place Flagey
Il avait de très beaux cils et de jolis mots
C’était un ami de Calixte mais m’appelait David

J’étais déluré et dévergondé
Il était ébahi et enchanté

Nous n’avions pas manqué une seule journée de soleil
Nous promenions d’absentes merveilles
Près des joueurs d’échecs

 

Drama

Daoud

Vendredi 24 Juin 2016
J’ai passé l’après-midi avec Daoud,
Un ami du Djibouti qui s’éteint et s’illumine devant l’église Sainte-Catherine.

À midi je me réveille chez Estelle,
Je ne rêvais pas c’était des pensées folles en inconscience fragile.

À midi quart va pour le café froid,
J’apprends le Brexit et me moque de l’empire Britannique.

À midi et demi je sors vers la vie,
J’ai des cloques de mes nouvelles anciennes chaussures,
À deux euros la paire.

À midi quarante-cinq j’arrive à Madou,
Vendredi 24 Juin 2016,
J’apprends la grève de la STIB devant la bouche de métro.

Avec deux euros en poche,
Je marche comme je peux vers la ville,
En ce jour d’une fraîcheur bleue, de vent gris et trottoirs jaunes.

Je connais quelques commerces arabes,
Je demanderai crédit parce que c’est la vie si Dieu le veut.

Une crêpe marocaine rue Jardin des Olives,
Adel est de mauvais poil : il jeûne, il galère, il est seul.

Je vais sur les marches du soleil,
Je demande du tabac à des clochards et fume comme une madeleine,
Vendredi 24 Juin 2016.

 

Daoud

Naïade

Désorienté par le désir je chevauchais la vallée de ta beauté paysanne.
Tu me dardais ton aura médiévale avec les fleurs sauvages que tu te caches dans l’âme.
Le ruisseau cristallin de ta voix de chorale faisait vibrer les fibres fragiles de mon âme.
Elles s’échappaient de ta viole de gambe en craquant le galbe de ton extase animale.

Nous avions d’abord fait la danse des mains et puis le voyage du tram.
Je croyais encore avec Guitry que le meilleur c’était de monter les marches de madame.
Je garderai toujours à la mémoire le plaisir étonnant des corps que nous nous donnâmes.

Ils était denses, forts et collants.

Au réveil j’ai touché du bois en touchant ma gueule de bois.
Nous avons arrosé nos corps d’eau tiède et fumer l’émeraude.
L’esprit en pépiements nous sommes repassés par la chambre.
Le chien de la lune nous soufflait les mots du vrai vacarme.

Tu m’as fait du café brûlant.
J’ai pensé que tu étais sucrement belle.
Je te racontais toutes ces choses marrantes qui n’ont pas de sens.
Nous sommes repassés par la chambre.

L’épuisement me rendait contemplatif comme une église.
Je regardais les passants passer : une voiture se gare, une autre klaxonne.
Une famille africaine passe pleine de bonheur et l’ambulance émerveille le garçon.
Quelques personnes remarquèrent la grâce qui s’échappait du balcon du troisième étage.

Elles était lourdes, parfaites et voilées.

Les nuées étaient immobiles on attendait les premières gouttes de pluies depuis Décembre.
Je t’ai dit que ce qu’on avait vécu était extraordinaire et que j’avais du mal à redescendre.
Nous nous sommes préparés pour sortir puis nous sommes repassés par la chambre.

Nous sommes sortis dans la soirée de Saint-Gilles.
Nous avons bu un verre de vin rouge en mangeant un plat arabe.
Nous nous sommes embrassés pour se dire goodbye.
L’idéal de la poésie est ce qui parle.

 

Naïade