J’ai rêvé qu’Elon Musk rachetait Apple

Comme toute la population
(Sauf les mendiants qui ont raison)
J’habite en des appartements
En attendant que la mer monte

Je pourrais sortir mon scaphandre Nike
Et mon masque à gaz Google Glass
Reçu après la messe de l’Apple Store
Le lendemain du saint Vendredi Noir

En attendant que la mer monte
J’étudie les siècles Européens
(Sauf quand je pars aller mendier)
Comme toute la population

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J’ai rêvé qu’Elon Musk rachetait Apple

Le Joli Mai

Je n’ai pas sué ma dernière mue :
Au versant du conscient s’endort
L’eau douce de la soif incolore
Dans lequel l’aquarelle se dilue.

Recherche l’étymologie du mot swaps
Si jamais la peur métamoderne du lent
Te cloue comme un arbre sur un banc,
Ou comme un itinéraire sur Google Maps.

Je n’ai pas encore le grave du sacrifice :
Une nuit entière sur l’écran d’ordinateur
Ce n’est jamais qu’un autre quart d’heure
Dans le sempiternel retour du Quo Vadis.

Le paparazzi de l’apparat – le parasite,
Parsème de rire ce qui reste de ville,
Carrefour où fuse l’ethnie, la folie, l’écran tactile,
As-tu oublié que déjà ta santé hésite ?

Le Joli Mai

Actress

(Bain sombre de la musique électronique,
Lumières bleues qui illuminent les regards)

Dans ta distance adossée, ma sereine,
Suave, arabe, bougie noire,
J’étale la liberté de n’être qu’une
Extase, qui revient ivre, voir
Les paupières beiges, les lèvres closes,
Tes velours de peaux perle-ivoires…

(Toute l’étendue de ton indépendance
dans ta simple de fatigue du soir)

Actress

l’Automne à Bruxelles

Être un poème qui marche
Cligner des paupières comme pour laisser tomber une poussière
Des choses simples qu’il fallut que je notasse
Aller saluer les amis-marginaux de la place Sainte Catherine
La beauté d’un billet de cinq euro déchiffonné
Un sac en plastique bleu au pied d’un buisson vert sous un lampadaire la nuit
Être regardé avec admiration par un enfant Indien
Un gitan couché sur des cartons comme à la plage sur la rue Neuve
Le gothique qui fait de la dentelle sur le ciel bleu
Un couple d’Afro-Américain qui admire une façade Art-Nouveau
La couleur turquoise des vieilles statues du jardin Botanique
Désirer une musulmane langoureusement drapée d’un long voile unicolore
Voir un chien et le trouver ridicule
Des Kazakhsthanais qui vendent des souvenirs kitschs de Bruxelles
La sueur aigre d’un alcoolique dans le métro
Des palmiers à la Bourse le premier Novembre dans la grisaille la plus totale
Les voyages audiovisuels
La signification philosophico-vitale de l’aventure tropico-normale
Apprendre à être anonyme
Trouver des tickets de métro Parisien en Belgique

l’Automne à Bruxelles

sans titre

J’aide les génies dans leurs allées
Je m’appelais déjà Karnak sur World of Warcraft
Comme l’antique complexe de Temples en Égypte
J’y voyais des pharaons dans les chats

Des jolies filles que j’ai plein de fois promené
Dans la multiple et cyclique réalité de ma Chine
C’était médiocre mais le métro m’a bien aidé
À déchiffrer les regards arabes et les racines
Des africains qui étaient malades ou illuminés
J’ai vu des prudes slaves aux foulards suaves
J’ai vu des ouvriers Polonais qui se battaient
J’ai vu des Japonais éperdus et Technicolor
But I’ve never seen these so-called Americans.

J’ai découvert Apollinaire dans les toilettes bouddhiques
191 Avenue des Volontaires
Et aujourd’hui je ne regrette rien
Plus rien ni même de venir aimer la ville avec des ailes.

sans titre

Les amis disparus

Les poètes font pour nous ce travail cathédrale
D’être toujours parti et d’être toujours pleurant
Devin lubrique langoureux et malade mental,

Ils réalisent les bons et les mauvais instincts,
Puis les publient comme par enchantement
Leurs chants finissent dans des livres éteints.

Eux ils sont purs et forts et surtout déjà morts,
Tout leur est permis ils n’ont plus de logement,
plus de dettes, plus d’amis, plus d’envie de mort.

Après ils s’entassent ou s’immiscent avec fantaisie
Dans l’histoire magique des temps présents :
Justifiant le noir nous buvons la cire des bougies.

 

Les amis disparus