Conclusion

Maman, papa,

Je suis poète de la poésie
Ma verve immémoriale
S’étend tant bien que mal
Dans la vie que je suis…

Je vais devenir papa, maman.

 

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Conclusion

Daoud

J’ai passé l’après-midi avec Daoud,
Un ami du Djibouti qui s’allume devant l’église Sainte-Catherine,
Vendredi 24 Juin 2016.

À midi je me réveille chez Estelle,
Je ne rêvais pas c’était des pensées drôles en inconscience fragile.
Elle goûtait le sel et j’étais de sucre.

À midi quart va pour le café froid,
J’apprends le Brexit et me moque de l’empire Britannique,
Vendredi 24 Juin 2016.

À midi et demi je sors vers la vie,
J’ai des cloches de mes nouvelles chaussures vintage,
À 2 Euro la paire.

À midi quarante-cinq j’arrive à Madou,
J’apprends la grève des transports devant la bouche de métro
Vendredi 24 Juin 2016.

Je marche comme je peux vers la ville,
En ce jour de fraîcheur bleue, vent gris et de trottoirs jaunes,
Avec 2 Euro en poche.

Je connais quelques commerces arabes,
Je demanderai crédit parce que c’est la vie et que j’aime
Vendredi 24 Juin 2016.

Une crêpe marocaine rue Jardin des Olives,
Adel est de mauvais poil, il jeûne, il galère et il est seul :
Merci pour le miel.

Je vais sur les marches du soleil,
Je demande du tabac à des clochards et fume comme une madeleine,
Vendredi 24 Juin 2016.

 

Daoud

l’Univers

I.

J’attends la gare

Les gens sans quais
Inquiètent
Les gens sans quêtes

Les gens sans trains
Entraînent
Les gens sans trêves

Ils se posent comme
Des mémoires énormes
Dans les alcôves de l’alcool…

Vive l’école.

II.

C’était sur la Place Flagey
Il avait de très beaux cils et de jolis mots
C’était un ami de Calixte Duville mais m’appelait David

J’étais déluré et dévergondé
Il était ébahi et enchanté

Nous n’avions pas manqué une seule journée de soleil
Nous promenions d’absentes merveilles
Près des joueurs d’échecs

 

l’Univers

Ode aux Naïades

I.

Désorienté par le désir je chevauchais la vallée de ta beauté paysanne.
Tu me dardais ton aura médiévale avec les fleurs sauvages que tu te caches dans l’âme.
Le ruisseau cristallin de ta voix de chorale faisait vibrer les fibres fragiles de mon âme.
Elles s’échappaient de ta viole de gambe en craquant le galbe de ton extase animale.

Nous avions d’abord fait la danse des mains et puis le voyage du tram.
Je croyais encore avec Guitry que le meilleur c’était de monter les marches de madame.
Je garderai toujours à la mémoire le plaisir étonnant des corps que nous nous donnâmes.

Ils était denses, forts et collants.

Au réveil j’ai touché du bois en touchant ma gueule de bois.
Nous avons arrosé nos corps d’eau tiède et fumer l’émeraude.
L’esprit en pépiements nous sommes repassés par la chambre.
Le chien de la lune nous soufflait les mots du vrai vacarme.

Tu m’as fait du café brûlant.
J’ai pensé que tu étais sucrement belle.
Je te racontais toutes ces choses marrantes qui n’ont pas de sens.
Nous sommes repassés par la chambre.

L’épuisement me rendait contemplatif comme une église.
Je regardais les passants passer : une voiture se gare, une autre klaxonne.
Une famille africaine passe pleine de bonheur et l’ambulance émerveille le garçon.
Quelques personnes remarquèrent la grâce qui s’échappait du balcon du troisième étage.

Elles était lourdes, parfaites et voilées.

Les nuées étaient immobiles on attendait les premières gouttes de pluies depuis Décembre.
Je t’ai dit que ce qu’on avait vécu était extraordinaire et que j’avais du mal à redescendre.
Nous nous sommes préparés pour sortir puis nous sommes repassés par la chambre.

Nous sommes sortis dans la soirée de Saint-Gilles.
Nous avons bu un verre de vin rouge en mangeant un plat arabe.
Nous nous sommes embrassés pour se dire goodbye.
L’idéal de la poésie est ce qui parle.

 

Ode aux Naïades

Les fraises françaises ou les joies du vagabond

Claude Nougaro.

Le coeur d’un fou et l’intérêt de l’amoureux.

Jacques Brel.

D’où est-elle ? Des îles… Des quels ? Du Pacifique.

Alain Delon.

Elle lisait peut-être son horoscope.

Serge Gainsbourg.

P.s. : Ascendant Scorpion.

Françoise Sagan.

Au début ils bourgeonnent en gris clair comme le ciel constellé à l’heure bleue, ensuite les jeunes feuilles ressemblent à des fleurs jaunes sous le soleil, enfin, leurs feuilles vertes à maturité ont l’air maladroitement lobées comme des monstres aux branches…

Boris Vian.

Écaussines. Les nuages glissaient comme des fleurs de glycines au dessus d’une Néerlandaise qui avait le parfum du premier printemps. Salomé.

Michel Foucault.

La question c’est de savoir si l’empereur est habillé ou s’il est nu.

Gilles Deleuze.

L’autre question c’est de savoir s’il compte le nombre de cigarettes qu’il fume par jour.

Jacques Lacan.

Je crains qu’il ne perde la tête…

Paul Ricoeur.

Ne joue pas le chat de mosquée avec moi.

Chris Marker.

À l’ombre d’un cerisier en fleur, une ombre rose.

Claude Chabrol.

L’accusé de réception c’est le sang sur la lame.

 

Les fraises françaises ou les joies du vagabond

Techno toujours techno

I.

J’ai rêvé d’un zouzou, d’un alcoolique,
D’un va-nu-pied, d’un vagabond,
D’un mannequin magique,
De ceux qui emploient encore le mot chandail.

C’était un zouzou, un alcoolique
Il avait les cheveux hirsutes
Et les pieds sales,
Son corps était pire qu’un champ de bataille.

C’était un zouzou, un alcoolique :
Il avait les plics et les plocs
Des sueurs froides
Qui roulait sur son front toxicomane.

C’était un zouzou, un alcoolique :
Il avait les tics et les tocs
Dans sa tête folle
Il y a cent ans il aurait senti la pisse et l’ail.

C’était un zouzou, un alcoolique :
Il cherchait des mégots par terre
Comme un animal,
Il finirait bien par se rouler une gitane.

C’était un zouzou, un alcoolique :
Il rigolait beaucoup,
Et pour rien,
Il travaillait à l’animation du boulevard Raspail.

C’était un zouzou, un alcoolique :
Il disait bonjour,
Même aux chiens,
Il y avait longtemps qu’il n’avait pas connu de femme.

J’ai rêvé d’un zouzou, d’un alcoolique,
D’un aventurier, d’un étalon;
D’un clopin-clopant,
De ceux qui sont à la dernière mode de l’âme.

II.

Au métro Simonis j’ai payé mon ticket 2€10
J’ai changé à Beekkant
Je suis sorti à Louise
La rame 210 était bondée de riches alcooliques

Deux dames se demandaient dans le tram
Si c’était le ringtone of a smartphone
Ou un chat qui miaulait…
C’était un chat qui miaulait dans les bras d’un homme

III.

Les femmes queer pourraient réapprendre à s’offrir,
Les petits dealers n’ont plus le sens de l’honneur,
Les demographic statistics restent un crime contre l’humanité,
Et puis toujours les petites frappes de Bachar-Al-U.S.A.

Techno toujours techno