Techno toujours techno

I.

J’ai rêvé d’un zouzou, d’un alcoolique,
D’un va-nu-pied, d’un vagabond,
D’un mannequin magique,
De ceux qui emploient encore le mot chandail.

C’était un zouzou, un alcoolique
Il avait les cheveux hirsutes
Et les pieds sales,
Son corps était pire qu’un champ de bataille.

C’était un zouzou, un alcoolique :
Il avait les plics et les plocs
Des sueurs froides
Qui roulait sur son front toxicomane.

C’était un zouzou, un alcoolique :
Il avait les tics et les tocs
Dans sa tête folle
Il y a cent ans il aurait senti la pisse et l’ail.

C’était un zouzou, un alcoolique :
Il cherchait des mégots par terre
Comme un animal,
Il finirait bien par se rouler une gitane.

C’était un zouzou, un alcoolique :
Il rigolait beaucoup,
Et pour rien,
Il travaillait à l’animation du boulevard Raspail.

C’était un zouzou, un alcoolique :
Il disait bonjour,
Même aux chiens,
Il y avait longtemps qu’il n’avait pas connu de femme.

J’ai rêvé d’un zouzou, d’un alcoolique,
D’un aventurier, d’un étalon;
D’un clopin-clopant,
De ceux qui sont à la dernière mode de l’âme.

II.

Au métro Simonis j’ai payé mon ticket 2€10
J’ai changé à Beekkant
Je suis sorti à Louise
La rame 210 était bondée de riches alcooliques

Deux dames se demandaient dans le tram
Si c’était le ringtone of a smartphone
Ou un chat qui miaulait…
C’était un chat qui miaulait dans les bras d’un homme

III.

Les femmes queer pourraient réapprendre à s’offrir,
Les petits dealers n’ont plus le sens de l’honneur,
Les demographic statistics restent un crime contre l’humanité,
Et puis toujours les petites frappes de Bachar-Al-U.S.A.

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Techno toujours techno

YouTube

Le printemps ne m’apporte aucun espoir
La fin de l’hiver est une nausée
Comme une bruine sur la banlieue d’Aubervilliers
Et je n’ai plus l’âge de rêver d’être ivre mort
Et Elvis a volé la ville et Roméo a tort

Le printemps ne m’apporte aucun espoir
Le mois de Mars est une M.S.T.
Comme le pot d’échappement d’une B.M.W.
Et je n’ai plus l’âge de partir à vélo
Et je reviens de voyage et j’ai besoin de repos

Le printemps ne m’apporte aucun espoir
Les bourgeons se vendent chez Intermarché
Comme les fleurs de Bougainvilliers
Et je n’ai plus l’âge de ne pas comprendre
Et je deviens Cyborg et je suis Alexandre

YouTube

J’ai rêvé qu’Elon Musk rachetait Apple

Comme toute la population
(Sauf les mendiants qui ont raison)
J’habite en des appartements
En attendant que la mer monte

Je pourrais sortir mon scaphandre Nike
Et mon masque à gaz Google Glass
Reçu après la messe de l’Apple Store
Le lendemain du saint Vendredi Noir

En attendant que la mer monte
J’étudie les siècles Européens
(Sauf quand je pars aller mendier)
Comme toute la population

J’ai rêvé qu’Elon Musk rachetait Apple

Le Joli Mai

Je n’ai pas sué ma dernière mue :
Au versant du conscient s’endort
L’eau douce de la soif incolore
Dans lequel l’aquarelle se dilue.

Recherche l’étymologie du mot swaps
Si jamais la peur métamoderne du lent
Te cloue comme un arbre sur un banc,
Ou comme un itinéraire sur Google Maps.

Je n’ai pas encore le grave du sacrifice :
Une nuit entière sur l’écran d’ordinateur
Ce n’est jamais qu’un autre quart d’heure
Dans le sempiternel retour du Quo Vadis.

Suis-je le parasite de l’apparat ou le lévite ?
Papillonnant du regard ce qu’il reste de Belgique :
Carrefour City – Ô écrans tactiles Ô folies ethniques !
Avez-vous oublié, Calixte Duville, que déjà votre santé hésite ?

Le Joli Mai