La Champignonnière

Le printemps ne m’apporte aucun espoir
La fin de l’hiver est une nausée
Comme une bruine sur la banlieue d’Aubervilliers
Et je n’ai plus l’âge de rêver d’être ivre mort
Et Elvis a volé la ville et Roméo a tort

Le printemps ne m’apporte aucun espoir
Le mois de Mars est une M.S.T.
Comme le pot d’échappement d’une B.M. Double-V
Et je n’ai plus l’âge de partir à vélo
Et je reviens de voyage et j’ai besoin de repos

Le printemps ne m’apporte aucun espoir
Les bourgeons se vendent chez Intermarché
Comme les fleurs écoeurantes de Bougainvilliers
Et je n’ai plus l’âge de ne pas comprendre
Et je deviens Cyborg et je suis Alexandre

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La Champignonnière

J’ai rêvé qu’Elon Musk rachetait Apple

Comme toute la population
(Sauf les mendiants qui ont raison)
J’habite en des appartements
En attendant que la mer monte

Je pourrais sortir mon scaphandre Nike
Et mon masque à gaz Google Glass
Reçu après la messe de l’Apple Store
Le lendemain du saint Vendredi Noir

En attendant que la mer monte
J’étudie les siècles Européens
(Sauf quand je pars aller mendier)
Comme toute la population

J’ai rêvé qu’Elon Musk rachetait Apple

Le Joli Mai

Je n’ai pas sué ma dernière mue :
Au versant du conscient s’endort
L’eau douce de la soif incolore
Dans lequel l’aquarelle se dilue.

Recherche l’étymologie du mot swaps
Si jamais la peur métamoderne du lent
Te cloue comme un arbre sur un banc,
Ou comme un itinéraire sur Google Maps.

Je n’ai pas encore le grave du sacrifice :
Une nuit entière sur l’écran d’ordinateur
Ce n’est jamais qu’un autre quart d’heure
Dans le sempiternel retour du Quo Vadis.

Suis-je le parasite de l’apparat ou le Lévite ?
Papillonnant du regard ce qu’il reste de Belgique :
Carrefour City – Ô écrans tactiles Ô folies ethniques !
Avez-vous oublié, Sir Duville, que déjà votre santé hésite ?

Le Joli Mai

Actress

(Bain sombre de la musique électronique,
Lumières bleues qui illuminent les regards)

Dans ta distance adossée, ma sereine,
Suave, arabe, bougie noire,
J’étale la liberté de n’être qu’une
Extase, qui revient ivre, voir
Les paupières beiges, les lèvres closes,
Tes velours de peaux perle-ivoires…

(Toute l’étendue de ton indépendance
dans ta simple de fatigue du soir)

Actress

l’Automne à Bruxelles

Être un poème qui marche
Cligner des paupières comme pour laisser tomber une poussière
Des choses simples qu’il fallut que je notasse
Aller saluer les marginaux de la place Sainte Catherine
La beauté d’un billet de cinq euro déchiffonné
Un sac en plastique bleu au pied d’un buisson vert sous un lampadaire la nuit
Être regardé avec admiration par un enfant Indien
Un gitan couché sur des cartons comme à la plage
Le gothique qui fait de la dentelle sur le ciel bleu
Un couple d’Afro-Américain qui admire une façade Art-Nouveau
La couleur turquoise des vieilles statues du jardin Botanique
Désirer une musulmane langoureusement drapée d’un long voile unicolore
Voir un chien et le trouver ridicule
Des Kazakhsthanais qui vendent des souvenirs kitschs de Bruxelles
La sueur aigre d’un alcoolique dans le métro
Des palmiers le premier Novembre devant la Bourse
Les voyages audiovisuels
La signification philosophico-vitale de l’aventure tropico-normale
Apprendre à être anonyme
Trouver des tickets de métro Parisien en Belgique

l’Automne à Bruxelles