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I.

Ses tiroirs de texte, ses chaussettes sales de sexe, ses plantes aux descriptions poétiques, ses animaux aux visages énigmatiques, ses solos de saxophones, ses duos de magnétophones, ses trios bisexuels au bord d’une piscine, ses quatuors pour les fins des temps, ses poèmes de 1922, ses dossiers bleus clairs sur fond de montagne d’argent, ses dossiers bleus clairs sur fond de nébuleuses laiteuses, ses dossiers bleus clairs sur fond d’une fleur fuchsia aquatique, ses dossiers bleus clairs sur fond de visage de lion mélancolique.

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TEST DE DEPISTAGE

J’ai pris l’autoroute de ton corps,
Esprit métisse,
Colorié sur ses contours,
Quelques quart d’heure de caresses.

Décodé par quelques drogues,
J’usais de la couleur de l’amour.

J’aimais,
Garnier Fructis,
Les goutes qui perlaient à tes boucles.

Violaine Le Fur,
Vaudou de vanille,
Perchée à Paris,
Ethnopsychiatrie.

J’allais,
Universal,
Déchirant le réel du Parc Elizabeth,

 Amène-moi au lendemain de ton lit,
Dans le taxi rare de ta nuit.

Transforme-moi en chocolat,
Cheval d’argent,
Chevauche mon bel esprit,
Attèle-le à ton corps.

 

TEST DE DEPISTAGE

Les oubliettes colorées de ta vie

Présentement a-mémoriel.

Les chambres du château de ta réalité sont nombreuses. Tu les traverses en y pensant. Tu t’y es déjà perdu. Plus étrange encore : tu y penses parce que tu les oublies. Il y a cette ville et puis il y a en une autre. Dans cette ville il y a cet endroit et il y en a d’autres. Il y a cette connaissance que ne connaît plus l’autre.

Tu les aimerais stables comme ces séduisants personnages qui restent un soir, une nuit, un matin, puis disparaissent dans l’après-midi. Ils ne souffrent pas de l’oubli eux tu ne les reverras sûrement pas. Ils font semblant de ne rien voir ou ils ne voient pas. Je ne sais plus.

Les rencontres entières et déchaînées comme les chiens dans le parc de Forest. Les lâcher de colombes des princes de la pensée. Nouvelle forme de la force – fantasme des fantômes de la fête. Nous n’avons pas assez de jeu vidéo pour nous calmer. Nous pourrions plus souvent nous ausculter. Connaissez-vous de bon tireur de Tarot ?

Peut-être veux-tu maintenant ta vie comme dans un long couloir … Avec des pièces à gauche et à droite, comme pour le plaisir des yeux, ne plus jamais dévier de ton fil territoire, avec une femme croyante pour l’induction électromagnétique du partage à deux regard ?

Les oubliettes colorées de ta vie sont plus grandes que ton armoire à biscuit, Facebook, Libé et ton frigo.

Les oubliettes colorées de ta vie

Qu’est-ce qu’un tapis volant ?

C’est une avalanche de confetti qu’un pélican vomit du haut d’un lampaidare.
C’est sortir d’une marguerite qui serait la trompe d’un éléphant.
C’est une marrée basse qui nage en dessous de mouches mathématiques.
C’est un chien errant qui consulte une carte militaire à la piscine municipale.
C’est un enfant recherche ses bras, ses jambes et le chocolat avant d’aller dormir.
C’est un fond d’écran Apple qui se demande qui et pourquoi il devient sans cesse.
C’est une fauteuil qui recherche sa place dans la pièce sans arrière-pensées.
C’est un magicien qui remplit son chapeau pointu avec des bouchons de Champagne.
C’est un singe qui commande un sandwich à l’amour  à la mairie de Poissy.
C’est un fauteuil roulant qui s’est évanoui sous le poids du merveilleux dans la rue.
C’est une exposition sur l’Islam qu’on a raté parce qu’on a trébuché sur des mendiants.
C’est une vieille connaissance inconnue dont on croise l’âme errante de temps à autre.
C’est un poète Portugais qui s’est associé à une après-midi ensoleillée.
C’est un poète Indien qui s’est associé à une semaine ensoleillée.
C’est un poète Allemand qui s’est associé à un mois ensoleillé.
C’est un poète Français qui s’est associé à une année ensoleillée.
C’est un chemin qui été frayé dans les hautes herbes par un renard sans diplôme.
C’est une cave en brique dans laquelle on pleure devant des inconnus de larmes réelles.
C’est une valise en aluminium qui n’a jamais servi qu’à transporter sa propre élégance.
C’est un dossier dans lequel on a mis des images qui semblait pouvoir nous représenter.
C’est une autoroute qu’on a réussi à trouver extatique une après-midi d’été en France
C’est une autoroute qu’on a réussi à trouver extatique un soir d’automne à Bristol.
C’est une autoroute qu’on a réussi à trouver extatique un matin printanier à Anvers
C’est une autoroute qu’on a réussi à trouver extatique une nuit d’hiver en Turquie.
C’est un camion-citerne rempli d’huile d’olive qui se déverse dans un champ de sardines.
C’est un album Tintin qui nous a renvoyé dans la folie.
C’est un réfrigérateur malade qui a décidé ne plus vrombir toutes les nuits.
C’est un pop-corn qui désirait être un petit-pois.
C’est un mégalomane qui était timoré.
C’est un si-si qui contenait bien plus de négation qu’un oui-oui.
C’est une question sur qu’est une image pour moi aujourd’hui.
C’est une demande en fiançailles sans préambules.
C’est un chemin de sainteté qui n’a ni de début ni de terme absolu.
C’est un appétit nécéssaire à la vibration de l’amour universel.
C’est un combat réel qu’on mène pendant une sieste.
C’est des esprits que l’on nourrit d’encens divers.
C’est un trouble de la personnalité érigé en norme de la modernité.
C’est une orange qui n’est pas assez mûre dans un supermarché.
C’est un pantalon qu’on a échangé avec un coup d’un soir.
C’est un terme Grec qui contient encore du savoir anthropotechnique.
C’est un clip de musique qui est un jardin secret pour des millions de personnes.
C’est un film pornographique qui nous revigore.
C’est une estampe Japonaise figurant un hara-kiri.
C’est une statue du Christ qui vibre plus qu’une autre dans une église.
C’est un quotidien fait d’esthéticiennes clairvoyantes.
C’est sortir d’un coquelicot qui serait le nez d’une girafe.
C’est un rugissement d’un lapin sur une montagne en verre.

Qu’est-ce qu’un tapis volant ?

Rue Henri Maubel

J’aime le calme

J’aime calmement reprendre le chemin du lent
J’aime revoir cet arbre, ce salon, ce balcon
J’aime revoir vos visages durables,
J’aime à aimer – même malades.

Parce qu’on est tous psychiquement instable
Parce qu’on est chic, parce qu’on est diable
Parce que c’est dur d’être l’étoile du Nord
Parce que chaque jour se susurre la mort,

Parce que l’on meurt.

Rue Henri Maubel

Aquarius

C’est une maison et un salon de lendemain de veille et le plancher est un chemin de terre : Des tâches noires, quelques crasses, mégots et capsules, pierre et faine,
Le collant d’alcool comme une boue de bière.

C’est un peu fantôme, un peu trouble, un peu comme un tout à l’heure à l’envers.
Il fait bon dehors – un soleil bleu d’automne.
(Le lustre doré reste une lumière artificielle)

Brosse dure, loque molle, seau d’eau, savon, rien ne récupérera ce sol
Les griffes et les traces sont incrustées comme l’Inconscient dans l’Homme.

C’est une maison et un salon de lendemain de veille et l’on est entrain de nettoyer,
Et l’on est pas entrain d’aider, et l’on est même pas caché.

Les canettes bleues et rouges et argentées sont recroquevillées dans des sacs poubelles;
Les bouteilles regroupées autour d’un seau retourné comme une armée en revue
devant un général : le rassemblement a quelque chose de sculptural.
Les différentes tailles – leurs verticales – du verre vert et brun et transparent, du verre qui ne sera plus jamais du sable et qui me paraît plutôt de Sel et d’Algues.

C’est une maison et un salon de lendemain de veille et la musique Brésilienne adoucit la peine de la saleté terne et je reste – profitant, amusé, amoureux, flottant, enchanté –
A vivre et à écrire et à voir et à penser.

Si cela me fatigue ?

Non, c’est une ivresse régulière, contenue, diffuse :
une lampe halogène brille dans mon corps et j’aime tout ce qui s’use.
Si cela m’est nécessaire ? Non, c’est un naturel de circonstance.
Je l’accepte comme un lever de  Lune en pleine Journée.

Aquarius